Archive pour 'Histoire des Arts'

L’art contre l’échec scolaire

Voilà un article intéressant, récupéré chez nos voisins canadiens de devoir.com

Pas seulement le niveau scolaire mais la coopération, la vie de citoyen, c’est tout un ensemble de valeurs qui est touché ici, à méditer pour voir où sont les priorités.

 

L’éducation aux arts est un facteur de réussite scolaire et sociale

Décrochage moindre, meilleures notes et meilleures perspectives d’emploi sont relevés dans une étude de la firme de recherche canadienne Hill Strategies

Isabelle Paré   18 octobre 2012  Actualités culturelles

À retenir
Consultez l’étude de Hill Strategies
L’art à l’école, un facteur de réussite ? Peut-être bien que oui. Une étude publiée par la firme de recherche canadienne Hill Strategies démontre que l’éducation aux arts chez les jeunes améliore non seulement les résultats scolaires des élèves plus défavorisés, mais augmente leurs chances de réussite professionnelle une fois adulte et en fait des citoyens plus engagés dans leur communauté.

La conclusion découle d’une analyse effectuée par le groupe Recherche sur les arts, qui a examiné en profondeur cinq méta-analyses réalisées ces dernières années en Angleterre, en Australie et aux États-Unis. La plus récente, effectuée en mars dernier par le National Endowment for the Arts (NEA) américain à partir de quatre bases de données des ministères de l’Éducation et du Travail, constate que les jeunes des classes les plus démunies sont ceux qui semblent tirer le plus profit de l’exposition aux arts en bas âge et à l’adolescence.
L’impact positif se répercute non seulement sur la réussite scolaire liée aux arts, mais sur les aptitudes rédactionnelles, la compréhension des mathématiques et le dossier scolaire global. L’étude trace même une corrélation entre l’initiation à la chose culturelle et de meilleurs taux de diplomation au secondaire, au collège et à l’université pour les élèves de milieux pauvres.
«Que les élèves aient participé à des activités artistiques à l’école, ou en parascolaire, plus le seuil d’exposition aux arts est élevé, plus l’impact semble important sur la réussite scolaire des élèves de milieux socio-économiques à risque», a expliqué hier Kelly Hill, le président de Hill Strategies et auteur de l’analyse.
L’intérêt des données colligées par le NEA est d’avoir pu suivre l’évolution de jeunes élèves pendant plusieurs années, notamment de la maternelle à l’âge de 13 ans pour une des bases de données, de 14 à 26 ans, de 16 à 20 ans, puis de 23 à 27 ans pour les trois autres bases de données.

Sus au décrochage
Les chiffres sont surprenants. Des exemples. Le taux de décrochage au secondaire atteint 22 % chez les élèves privés d’exposition aux activités culturelles, contre seulement 4 % de leurs collègues initiés aux arts à l’âge scolaire. Plus tard dans leur parcours, 71 % des élèves défavorisés initiés à l’art ont réalisé des études collégiales après le secondaire (high school), contre seulement 48 % des élèves de même niveau socio-économique dépourvus du même accès. Les élèves considérés à risque étaient plus que deux fois plus nombreux à avoir obtenu un diplôme collégial s’ils faisaient partie de la cohorte la plus exposée aux arts dans l’enfance (39 % contre 17 %).
Au niveau universitaire, seulement 6 % des jeunes provenant de milieux défavorisés parviennent à obtenir un baccalauréat, constate l’étude du NEA. Mais ce taux grimpe à 18 % chez ceux qui avaient pu participer à des activités culturelles en bas âge.
«L’art fonctionne», résume en guise d’introduction à l’une des études-chocs Rocco Landesman, le président du NEA, déplorant que depuis 40 ans, les arts soient de plus en plus évacués du cursus scolaire des élèves américains au profit des sciences ou de cours d’anglais.
Citoyens plus engagés ?
Par la bande, les mêmes données mènent à d’autres constats étonnants. Comme le fait que l’exposition à l’art augmente fortement la reconnaissance par les pairs, l’engagement dans des activités bénévoles ou communautaires, la lecture quotidienne d’un journal (!) et même la participation au vote dans leur région (29 % chez les non-initiés, contre 43 %).
Les répercussions se font sentir jusque sur le marché du travail, les jeunes défavorisés s’étant frottés aux arts étant deux fois plus nombreux à occuper des postes de direction ou dans l’enseignement à l’âge adulte, et trois fois plus nombreux dans les professions médicales.
Dans plusieurs cas, la chance d’avoir été initié tôt à la culture éliminait l’écart de réussite normalement observé entre les élèves démunis et ceux plus favorisés. « Je pense que l’éducation aux arts est non seulement importante pour les milieux artistiques et les comportements culturels futurs des jeunes, mais cela est important pour leur succès dans la vie en général. Être initié à l’art jeune veut dire plus qu’en apprendre sur les arts. Cela développe toutes sortes d’aptitudes fondamentales à d’autres types d’apprentissages », fait valoir M. Hill.

Le mystère de la chambre jaune, le film de Poladylès

Le Mystère de la chambre jaune

Dans le cadre de collège au cinéma 2010-2011

En association avec le professeur d’Arts Plastiques qui fait refaire l’affiche du film.

Un moment au CDI avec une exposition autour du château du Glandier. Des objets, des personnages de BD, des phrases clés.

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Réalisez un château sur le modèle d’un calendrier de l’Avent pour une exposition au CDI

En groupes de 4 à 5 dessinez un château ou agrandissez un document pour pouvoir découper des fenêtres afin de faire apparaître les objets suivants issus du film. Cette liste est indicative.

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-          un dindon

-          une machine ou une invention

-          une lettre

-          un cheveu ensanglanté

-          des godillots

-          une canne

-          un chapeau melon

-          une pendule ou une horloge

-          une main rouge

-          un coucou

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et aussi des personnages

-          un Tintin

-          Un Dupond Dupont

-          Professeur Tournesol

-          Un Janus (double face ou Dark Vador)

-          Une jeune femme

-          Un Indien

Autour de votre château vous pouvez créer l’atmosphère que vous désirez.

Prolongements pour l’exposition au CDI

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Cherchez un tableau célèbre et remplacez un objet, un personnage connu par un collage avec un Dindon (la Joconde…)

 Enrichissements

Consignes pour un travail autour du Mystère de la Chambre Jaune 

Faire faire la liste des objets qu’ils ont vus et des personnages qui pourraient faire BD (dans le but de créer le Château voir annexe)

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Faire lire aux élèves les extraits et travailler sur le décalage entre le roman et le film : la Bête du Bon Dieu, l’homme vert, l’embrase…) prolongements sur le dindon dans l’art (voir annexe)

Travail sur les Godillots Rimbaud et Van Gogh

Synonymes et mots voisins : après-ski,  babouche, ballerine, basket, bateau, botte, bottillon, bottine, brodequin, charentaise, chausson, chaussure, cothurne, croquenot, écrase-merde, escafignon, escarpin, espadrille, galoche, godasse, grolle,  mocassin, mule, pantoufle, péniche, pompe, poulaine, ribouis, richelieu, sabot, sandale, savate, socque, sorlot, soulier, spartiate, tatane, tennis. 

Faire commenter le tableau

Faire lire le poème

Ma bohème

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot soudain devenait idéal;
J’allais sous le ciel, Muse, et j’étais ton féal;
Oh! là là! que d’amours splendides j’ai rêvées! 
Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou 
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur; 
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur!

 Arthur Rimbaud 

Et encore pour un approfondissement de la transposition cinématographiqueLe mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux. Travail de mise en relation des extraits et du film vu. A la poursuite de La Bête du Bon Dieu. J’empoigne l’échelle et nous voici repartis sur les derrières du château. La fenêtre de la chambre est toujours entrouverte ; les rideaux sont tirés, mais ne se rejoignent point; ils laissent passer un grand rai de lumière, qui vient s’allonger sur la pelouse à mes pieds. Sous la fenêtre de la chambre j’applique mon échelle. Je suis à peu près sûr de n’avoir fait aucun bruit. « Et, pendant que le père Jacques reste au pied de l’échelle», je gravis l’échelle, moi, tout doucement, tout doucement, avec mon gourdin. Je retiens ma respiration ; je lève et pose les pieds avec des précautions infinies. Soudain, un gros nuage, et une nouvelle averse. Chance. Mais, tout à coup, le cri sinistre de la « Bête du Bon Dieu » m’arrête au milieu de mon ascension. Il me semble que ce cri vient d’être poussé derrière moi, à quelques mètres. Si ce cri était un signal ! Si quelque complice de l’homme m’avait vu, sur mon échelle. Ce cri appelle peut-être l’homme à la fenêtre ! Peut-être ! … Malheur, « l’homme est à la fenêtre ! Je sens sa tête au-dessus de moi ; j’entends son souffle. Et moi, je ne puis le regarder ; le plus petit mouvement de ma tête, et je suis perdu ! Va-t-il me voir ? Va-t-il, dans la nuit, baisser la tête ? Non ! … il s’en va… il n’a rien vu… je le sens, plus que je ne l’entends, marcher, à pas de loup, dans la chambre ; et je gravis encore quelques échelons. Ma tête est à la hauteur de la pierre d’appui de la fenêtre ; mon front dépasse cette pierre ; mes yeux, entre les rideaux, voient. Mlle Mathilde avait travaillé avec son père jusqu’à minuit ; les douze coups de minuit sonnés au coucou du laboratoire, elle s’était levée, avait embrassé M. Stangerson, lui souhaitant une bonne nuit. Elle m’avait dit : « Bonsoir, père Jacques ! » et avait poussé la porte de la «Chambre Jaune». Nous l’avions entendue qui fermait la porte à clef et poussait le verrou, si bien que je n’avais pu m’empêcher d’en rire et que j’avais dit à monsieur : «Voilà mademoiselle qui s’enferme à double tour. Bien sûr qu’elle a peur de la ‘‘Bête du Bon Dieu’’ ! » Monsieur ne m’avait même pas entendu tant il était absorbé. Mais un miaulement abominable me répondit au dehors et je reconnus justement le cri de la « Bête du Bon Dieu » ! … que ça vous en donnait le frisson… « Est-ce qu’elle va encore nous empêcher de dormir, cette nuit ? » pensai-je, car il faut que je vous dise, monsieur, que, jusqu’à fin octobre, j’habite dans le grenier du pavillon, au-dessus de la «Chambre Jaune», à seule fin que mademoiselle ne reste pas seule toute la nuit au fond du parc. C’est une idée de mademoiselle de passer la bonne saison dans le pavillon ; elle le trouve sans doute plus gai que lechâteau et, depuis quatre ans qu’il est construit, elle ne manque jamais de s’y installer dès le printemps. Quand revient l’hiver, mademoiselle retourne au château, car dans la «Chambre Jaune», il n’y a point de cheminée.  L’article se termine sur ces lignes : « nous avons voulu savoir ce que le père Jacques entendait par : « le cri de la Bête du Bon Dieu ». On appelle ainsi le cri particulièrement sinistre, nous a expliqué le propriétaire de l’auberge du Donjon, que pousse, quelquefois, la nuit, le chat d’une vieille femme, la mère « Agenoux », comme on l’appelle dans le pays. La mère « Agenoux  « est une sorte de sainte qui habite une cabane, au coeurde la forêt, non loin de la « grotte de Sainte-Geneviève».« La «Chambre Jaune», la «Bête du Bon Dieu», la mère Agenoux, le diable, sainte Geneviève, le père Jacques, voilà un crime bien embrouillé, qu’un coup de pioche dans les murs nous débrouillera demain ;espérons-le, du moins, pour la raison humaine, comme dit le juge d’instruction. En attendant, on croit que Mlle Stangerson, qui n’a cessé de délirer et qui ne prononce distinctement que ce mot : « Assassin ! Assassin! Assassin ! … » ne passera pas la nuit… » Enfin, en dernière heure, le même journal annonçait que le chef de la Sûreté avait télégraphié au fameux inspecteur Frédéric Larsan, qui avait été envoyé à Londres pour une affaire de titres volés, de revenir immédiatement à Paris. – Oui, fit le jeune reporter, en s’essuyant le front… la Chambre Jaune était, ma foi, fermée comme un coffre-fort… – De fait, observai-je, voilà bien pourquoi ce mystère est le plus surprenant que je connaisse, même dans le domaine de l’imagination. Dans le Double Assassinat de la rue Morgue, Edgar Poe n’a rien inventé de semblable. Le lieu du crime était assez fermé pour ne pas laisser échapper un homme, mais il y avait encore cette fenêtre par laquelle pouvait se glisser l’auteur des assassinats qui était un singe ! … Mais ici, il ne saurait être question d’aucune ouverture d’aucune sorte. La porte close et les volets fermés comme ils l’étaient, et la fenêtre fermée comme elle l’était, une mouche ne pouvait entrer ni sortir ! – En vérité ! En vérité ! acquiesça Rouletabille, qui s’épongeait toujours le front, semblant suer moins de son récent effort corporel que de l’agitation de ses pensées. En vérité ! C’est un très grand et très beau et très curieux mystère ! … – La « Bête du Bon Dieu », bougonna le père Jacques, la « Bête du Bon Dieu » elle-même, si elle avait commis le crime, n’aurait pas pu s’échapper… Écoutez ! … L’entendez-vous ? … Silence ! … » Le père Jacques nous faisait signe de nous taire et, le bras tendu vers le mur, vers la prochaine forêt, écoutait quelque chose que nous  n’entendions point. « Elle est partie, finit-il par dire. Il faudra que je la tue… Elle est trop sinistre, cette bête-là… mais c’est la « Bête du Bon Dieu » ; elle va prier toutes les nuits sur la tombe de sainte Geneviève, et personne n’ose y toucher de peur que la mère Agenoux jette un mauvais sort… – Comment est-elle grosse, la « Bête du Bon Dieu » ? – Quasiment comme un gros chien basset… c’est un monstre que je vous dis. Ah ! Je me suis demandé plus d’une fois si ça n’était pas elle qui avait pris de ses griffes notre pauvre mademoiselle à la gorge… Mais « la Bête du Bon Dieu » ne porte pas des godillots, ne tire pas des coups de revolver, n’a pas une main pareille ! … s’exclama le père Jacques en nous montrant encore la main rouge sur le mur. Et puis, on l’aurait vue aussi bien qu’un homme, et elle aurait été enfermée dans la chambre et dans le pavillon, aussi bien qu’un homme ! …  – Èvidemment, fis-je. De loin, avant d’avoir vu la «Chambre Jaune», je m’étais, moi aussi, demandé si le chat de la mère Agenoux… – Vous aussi ! s’écria Rouletabille. – Et vous ? demandai-je. – Moi non, pas une minute… depuis que j’ai lu l’article du Matin, je sais qu’il ne s’agit pas d’une bête ! Maintenant, je jure qu’il s’est passé là une tragédie effroyable… Mais vous ne parlez pas du béret retrouvé, ni du mouchoir, père Jacques ? – Le magistrat les a pris, bien entendu », fit l’autre avec hésitation. Le reporter lui dit, très grave : « Je n’ai vu, moi, ni le mouchoir, ni le béret, mais je peux cependant vous dire comment ils sont faits. – Ah ! vous êtes bien malin… », et le père Jacques toussa, embarrassé. « Le mouchoir est un gros mouchoir bleu à raies rouges, et le béret, est un vieux béret basque, comme celui-là, ajouta Rouletabille en montrant la coiffure de l’homme. – C’est pourtant vrai… vous êtes sorcier… » « Ah ! vous v’là, la mère Agenoux ! Y a longtemps qu’on ne vous a vue, fit notre hôte.  – J’ai été bien malade, toute prête à mourir, dit la vieille. Si quelquefois vous aviez des restes pour la « Bête du Bon Dieu »? Et elle pénétra dans l’auberge, suivie d’un chat si énorme que je ne soupçonnais pas qu’il pût en exister de cette taille. La bête nous regarda et fit entendre un miaulement si désespéré que je me sentis frissonner. Je n’avais jamais entendu un cri aussi lugubre. Comme s’il avait été attiré par ce cri, un homme entra, derrière la vieille. C’était « l’homme vert ». Il nous salua d’un geste de la main à sa casquette et s’assit à la table voisine de la nôtre. À ce moment, je remarquai un bruit bizarre qui se répétait pour la troisième fois, qui venait du parc, et auquel je n’avais pas attaché plus d’importance qu’on n’a coutume d’en attacher au miaulement des chats qui errent, la nuit, sur les gouttières. Mais, cette troisième fois, le miaulement était si pur et si « spécial » que je me rappelai ce que j’avais entendu raconter du cri de la « Bête du Bon Dieu ». Comme ce cri avait accompagné, jusqu’à ce jour, tous les drames qui s’étaient déroulés au Glandier, je ne pus m’empêcher, à cette réflexion, d’avoir un frisson. Aussitôt je vis apparaître, au delà de la porte, et refermant la porte, un homme. Je ne pus d’abord le reconnaître, car il me tournait le dos et il était penché sur un ballot assez volumineux. L’homme, ayant refermé la porte, et portant le ballot, se retourna vers le cabinet noir, et alors je vis qui il était. Celui qui sortait, à cette heure, de la chambre d’Arthur Rance « était le garde ». C’était « l’homme vert ». Il avait ce costume que je lui avais vu sur la route, en face de l’auberge du « Donjon », le premier jour où j’étais venu au Glandier, et qu’il portait encore le matin même quand, sortant du château, nous l’avions rencontré, Rouletabille et moi. Aucun doute, c’était le garde. Je le vis fort distinctement. Il avait une figure qui me parut exprimer une certaine anxiété. Comme le cri de la « Bête du Bon Dieu » retentissait au dehors pour la quatrième fois, il déposa son ballot dans la galerie et s’approcha de la seconde fenêtre, en comptant les fenêtres à partir du cabinet noir. Je ne risquai aucun mouvement, car je craignais de trahir ma présence. Quand il fut à cette fenêtre, il colla son front contre les vitraux dépolis, et regarda la nuit du parc. Il resta là une demi-minute. La nuit était claire, par intermittences, illuminée par une lune éclatante qui, soudain, disparaissait sous un gros nuage. « L’homme vert » leva le bras à deux reprises, fit des signes que je ne comprenais point ; puis, s’éloignant de la fenêtre, reprit son ballot et se dirigea, suivant la galerie, vers le palier. Rouletabille m’avait dit : « Quand vous verrez quelque chose, dénouez l’embrasse. » Je voyais quelque chose. Était-ce cette chose que Rouletabille attendait ? Ceci n’était point mon affaire et je n’avais qu’à exécuter la consigne qui m’avait été donnée. Je dénouai l’embrasse. Mon cœur battait à se rompre. L’homme atteignit le palier, mais à ma grande stupéfaction, comme je m’attendais à le voir continuer son chemin dans la galerie, aile droite, je l’aperçus qui descendait l’escalier conduisant au vestibule.  Que faire ? Stupidement, je regardais le lourd rideau qui était retombé sur la fenêtre. Le signal avait été donné, et je ne voyais pas apparaître Rouletabille au coin de la galerie tournante. Rien ne vint ; personne n’apparut. J’étais perplexe. Une demi-heure s’écoula qui me parut un siècle. « Que faire maintenant, même si je voyais autre chose ? » Le signal avait été donné, je ne pouvais le donner une seconde fois… D’un autre côté, m’aventurer dans la galerie en ce moment pouvait déranger tous les plans de Rouletabille. Après tout, je n’avais rien à me reprocher, et, s’il s’était passé quelque chose que n’attendait point mon ami, celui-ci n’avait qu’à s’en prendre à lui-même. Ne pouvant plus être d’aucun réel secours d’avertissement pour lui, je risquai le tout pour le tout : je sortis du cabinet, et, toujours sur mes chaussettes, mesurant mes pas et écoutant le silence, je m’en fus vers la galerie tournante. Personne dans la galerie tournante. J’allai à la porte de la chambre de Rouletabille. J’écoutai. Rien. Je frappai bien doucement. Rien. Je tournai le bouton, la porte s’ouvrit. J’étais dans la chambre. Rouletabille était étendu, tout de son long, sur le parquet. 

collège au cinéma : Le Bal des vampires

Le Bal des Vampiresde Roman Polanski

Sur un format A3 pour affichage, ce travail peut se faire à plusieurs ( 4 au maximum)

 

L’histoire 

Raconte le début

Raconte la fin

Est-ce un conte de fées ?

Réalisation d’une affiche pour une exposition au CDI, passage à l’oral pour présenter le travail  

Les lieux 

Fais un collage des éléments de film de vampires : crypte, cimetière, ail, château lugubre, pieux, cercueil, lune, nuit…une carte de
la Transylvanie.

 

Décris un personnage de ton choix : comte Von Krolock, Sarah, Alfred, professeur Abronius, Shagal l’aubergiste.

 

Décris le bal, qu’as-tu ressenti ? 

 

Cela me rappelle: le bleu de Chagall, commente le tableau de ton choix

Cela me rappelle les lumières de
La Tour (idem)

Cela me rappelle la composition et la profondeur des tableaux de Rembrandt (idem)

 

Dis si tu as ri ou si tu as eu peur.

 

Donne une note à ce film.

La raie de Chardin XVIIIème

Comment s’organiser pour préparer l’oral du brevet. En 4ème dans le cadre de la période sur le fantastique.

Le travail se fait obligatoirement en binômes .

 Séance 1

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Présenter: l »oeuvre commentée dans Le Petit Léonard n 134, mars 2009 p 18

Lecture des explications, puis demande de recherches sur :

- Le Boeuf écorché de Rembrandt

- Pour les bons élèves : proposer qu’ils fassent une lecture au tableau d’un passage au choix de Proust.

- Définition d’une nature morte.

Séance 2

Apporter une définition détaillée de nature morte avec la place importante accordée à Chardin dans ce genre pictural.

Faire faire par binome en classe une introduction pour l’exposé : mêler les informations biographiques, techniques sur l’oeuvre (Louvre, dimensions), et les informations données par le polycopié sur la nature morte.

Finir par des questions auxquelles il faudra réfléchir : originalité de La Raie par rapport au genre traditionnel, ce tableau est-il poétique? symbolique?

Séance 3

Faire lire le texte de Proust et faire souligner un passage intéressant au choix.

La plus remarquable description qu’on en puisse donner est celle de Marcel Proust : 

« Maintenant venez jusqu’à la cuisine dont l’entrée est sévèrement gardée par la tribu des vases de toute grandeur, serviteurs capables et fidèles, race laborieuse et belle. Sur la table les couteaux actifs, qui vont droit au but, reposent dans une oisiveté menaçante et inoffensive. Mais au-dessus de vous un monstre étrange, frais encore comme la mer où il ondoya, une raie est suspendue, dont la vue mêle au désir de la gourmandise le charme curieux du calme ou des tempêtes de la mer dont elle fut le formidable témoin, faisant passer comme un souvenir du Jardin des Plantes à travers un goût de restaurant. Elle est ouverte et vous pouvez admirer la beauté de son architecture délicate et vaste, teintée de sang rouge, de nerfs bleus et de muscles blancs, comme la nef d’une cathédrale polychrome. À côté, dans l’abandon de leur mort, des poissons sont tordus en une courbe raide et désespérée, à plat ventre, les yeux sortis. Puis un chat, superposant à cet aquarium la vie obscure de ses formes plus savantes et plus conscientes, l’éclat de ses yeux posé sur la raie, fait manœuvrer avec une hâte lente le velours de ses pattes sur les huîtres soulevées et décèle à la fois la prudence de son caractère, la convoitise de son palais et la témérité de son entreprise. L’œil qui aime à jouer avec les autres sens et à reconstituer à l’aide de quelques couleurs, plus que tout un passé, tout un avenir, sent déjà la fraîcheur des huîtres qui vont mouiller les pattes du chat et on entend déjà, au moment où l’entassement précaire de ces nacres fragiles fléchira sous le poids du chat, le petit cri de leur fêlure et le tonnerre de leur chute[5]

Henri Matisseadmirait beaucoup Chardin : « Oui, je vais souvent au Louvre. C’est l’œuvre de Chardin que j’y étudie le plus. Je vais au Louvre pour étudier sa technique » (Écrits et Propos sur l’art (Paris, 1972). En 1896, il réalise une copie de La Raiequi se trouve au musée Matisse du Cateau-Cambrésis. Boudin et Soutine feront eux aussi des pastiches de la Raie

  Séance 4

Le plan de l’exposé

Organisation générale de l’oeuvre

Analyse détaillée

Séance 5

Mes impressions personnelles par rapport aux questions esthétiques posées en introduction.

Prolongements sur Matisse et Cézanne

Cézanne Les natures mortes  (Le Musée miniature, Herscher) et Matisse , magazine Dada, les fauves, A table (Nature morte au tapis rouge).

Séance 6.

Visionnage de la collection Palettes, Sur Chardin avec prise de notes des binômes.

Pour faire une synthèse pour les élèves en difficultés : Comment parlet du louvre aux enfants, d’Isabelle Bonithon Courant, éditions Le Baron perché,  p 145.

Pour ouvrir le travail faire un court exposé sur Cézanne (faire voir des oeuvres dans des livres d’art)

Et pour Matisse, voir un site très intéressant d’un professeur d’art plastique qui compare Les poissons rouges de Matisse et de Lichtenstein : Collège Missy, arts plastiques

Il y a aussi des idées de prolongements créatifs.

Dire aux élèves : vous devez faire une conférence orale sur Chardin, la Raie, introduction, développement, prolongemets, mais aussi créer à votre tour une nature morte

- à la manière de Chardin avec des objets de chez vous (peinture ou photographie)

- un poème autour d’objets.

- un collage ou un pastiche de la Raie.

Pour s’amuser, mon interprétation libre.

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