Ce que j’ai retenu de la conférence de Dominique Bucheton

Voilà ce que j’ai surtout retenu de Dominique Bucheton : Devenir l’auteur de sa parole

http://www.langages.crdp.ac-creteil.fr/rubriques/pdf/contributions_reflexion/parole_bucheton_109870.pdf

Libérer la parole des élèves pour qu’ils puissent accéder véritablement à une construction du sens. Il faut parler  pour structurer sa pensée. Si le professeur parle, c’est lui qui progresse et non ses élèves.

Mais pour moi, Dominique Bucheton, même si elle avançait une idée intéressante, sur laquelle d’ailleurs j’étaye ma pédagogie, était très didacticienne.  Je n’avais pas trouvé chez elle l’élan que j’attendais.

Et puis le 10 avril 2012, elle nous fait l’honneur d’intervenir à Genevilliers et je suis soufflée par l’intitulé de sa conférence : Les enseignants doivent-ils, peuvent-ils changer de postures. A quel prix?

Et je n’ai pas été
déçue. La didactique prendrait-il un vrai virage ?

Elle a d’emblée dit qu’il y avait une crise majeure (pour une fois qu’on le dit clairement sans le chuchoter, est-ce parce qu’elle est à la retraite maintenant, qu’elle peut dire les choses?). Elle a parlé du malaise enseignant, des injonctions paradoxales auxquelles nous sommes soumis, les transformations majeures de la société auxquelles nous sommes confrontées, le
malaise sur l’hétérogénéité des classes, sur les effectifs, sur notre salaire, à propos de notre reconnaissance sociale….

Elle pose la question centrale (qui n’a jamais été posée lors de mes deux ans de master de formateur en didactique du français) :
quel rôle pour l’école ?

Elle propose quelques réponses : la professionnalité se fera de façon collective, instrumentée par la recherche, avec une façon de faire qui respecte les personnes dans leur personnalité propre.

L’essentiel pour le professeur est de savoir résister. (Incroyable moi, qui le crie au et fort depuis deux ans et qui se trouve
toujours en but à la même réponse : certes, c’est sympa, mais ce n’est pas de la didactique). Dominique Bucheton  devant une salle pleine de professeurs formateurs : la didactique doit croiser ces grandes problématiques pour avancer !!!

Un moment d’exaltation pour moi : La synthèse de mon projet de formation qui paraissait à tous décalé par rapport à la sacro « sainte didactique. »

Savoir résister aux élèves qui ne veulent pas penser

Savoir résister aux collègues

Savoir résister aux instructions, à l’Institution

Savoir résister à la hiérarchie

Savoir résister à soi-même

Savoir résister à la théorie du manque.

Porter un autre regard sur l’élève, résister aux réponses toutes faites, aux réponses hâtives du métier. Car le métier a des discours disponibles qu’il faut prendre en considération comme des symptômes, mais enseigner c’est différent.

Dominique Bucheton passe de la vision des gestes d’enseignement à celle de la posture. ( Ticket gagnant pour moi, j’ai toujours détesté les gestes, appauvrissement de mon métier, petite réduction de mon acte d’enseigner qui est un vrai engagement vers l’autre). « On n’est pas des techniciens de surface ». Elle préfère maintenant parler de posture. ( Je suis mille fois d’accord, la posture est en accord avec un arrière plan plus large, l’idéal de société que l’on construit). La posture est avant tout un engagement. Il s’agit en fait d’une panoplie de postures que l’enseignant enchâsse pour résoudre une
situation problème, en fait pour agir. Et ces postures sont ouvertes quand il y a une vraie idée politique derrière chacun d’eux.

« L’école ne prend pas la mesure de ce qu’elle crée, elle a en face d’elle des personnes en pleine formation sur le plan cognitif,
langagier et identitaire ».

Il ne faut pas séparer la didactique de la pédagogie (Certes, mais quand la didactique est sourde, on finit par choisir son camp, pour dire à la didactique qu’il y a un manque. Fabriquer de belles briques, bien taillées, bien équilibrées, mais pour quoi ?).

Il faut créer une nouvelle dynamique maître/élève faite d’étayage, d’éthos, de pilotage des gestes. Il faut avoir une vraie approche de tissage ; les enfants ne font pas les liens, il faut les accompagner dans cette tâche.

Les élèves ont aussi leurs postures : scolaire, de refus, de je fais…

Eduquer n’est pas contrôler, il faut faire confiance, laisser un espace. C’est dans cette posture du lâcher prise que peut se trouver une vraie réflexion réflexive.

Il faut élargir ses propres postures pour élargir la posture de l’élève.

Puis à la fin de sa conférence, un baume au cœur, un acte incroyable :on dirait mon manifeste

Enseigner-éduquer

Coopérer

Résister

S’engager

Innover

Faire de son métier un métier créatif

Allier tout cela à la recherche et à la didactique.

« L’autre est à remercier pour ce qu’il m’apprend »
Ricoeur.

Voilà mon manifeste, celui de Dominique Bucheton qui s’entrelace
à mes convictions profondes.  C’est l’essence même du métier.

 

 

 

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