Le mystère de la chambre jaune, le film de Poladylès

Le Mystère de la chambre jaune

Dans le cadre de collège au cinéma 2010-2011

En association avec le professeur d’Arts Plastiques qui fait refaire l’affiche du film.

Un moment au CDI avec une exposition autour du château du Glandier. Des objets, des personnages de BD, des phrases clés.

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Réalisez un château sur le modèle d’un calendrier de l’Avent pour une exposition au CDI

En groupes de 4 à 5 dessinez un château ou agrandissez un document pour pouvoir découper des fenêtres afin de faire apparaître les objets suivants issus du film. Cette liste est indicative.

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-          un dindon

-          une machine ou une invention

-          une lettre

-          un cheveu ensanglanté

-          des godillots

-          une canne

-          un chapeau melon

-          une pendule ou une horloge

-          une main rouge

-          un coucou

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et aussi des personnages

-          un Tintin

-          Un Dupond Dupont

-          Professeur Tournesol

-          Un Janus (double face ou Dark Vador)

-          Une jeune femme

-          Un Indien

Autour de votre château vous pouvez créer l’atmosphère que vous désirez.

Prolongements pour l’exposition au CDI

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Cherchez un tableau célèbre et remplacez un objet, un personnage connu par un collage avec un Dindon (la Joconde…)

 Enrichissements

Consignes pour un travail autour du Mystère de la Chambre Jaune 

Faire faire la liste des objets qu’ils ont vus et des personnages qui pourraient faire BD (dans le but de créer le Château voir annexe)

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Faire lire aux élèves les extraits et travailler sur le décalage entre le roman et le film : la Bête du Bon Dieu, l’homme vert, l’embrase…) prolongements sur le dindon dans l’art (voir annexe)

Travail sur les Godillots Rimbaud et Van Gogh

Synonymes et mots voisins : après-ski,  babouche, ballerine, basket, bateau, botte, bottillon, bottine, brodequin, charentaise, chausson, chaussure, cothurne, croquenot, écrase-merde, escafignon, escarpin, espadrille, galoche, godasse, grolle,  mocassin, mule, pantoufle, péniche, pompe, poulaine, ribouis, richelieu, sabot, sandale, savate, socque, sorlot, soulier, spartiate, tatane, tennis. 

Faire commenter le tableau

Faire lire le poème

Ma bohème

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot soudain devenait idéal;
J’allais sous le ciel, Muse, et j’étais ton féal;
Oh! là là! que d’amours splendides j’ai rêvées! 
Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou 
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur; 
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur!

 Arthur Rimbaud 

Et encore pour un approfondissement de la transposition cinématographiqueLe mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux. Travail de mise en relation des extraits et du film vu. A la poursuite de La Bête du Bon Dieu. J’empoigne l’échelle et nous voici repartis sur les derrières du château. La fenêtre de la chambre est toujours entrouverte ; les rideaux sont tirés, mais ne se rejoignent point; ils laissent passer un grand rai de lumière, qui vient s’allonger sur la pelouse à mes pieds. Sous la fenêtre de la chambre j’applique mon échelle. Je suis à peu près sûr de n’avoir fait aucun bruit. « Et, pendant que le père Jacques reste au pied de l’échelle», je gravis l’échelle, moi, tout doucement, tout doucement, avec mon gourdin. Je retiens ma respiration ; je lève et pose les pieds avec des précautions infinies. Soudain, un gros nuage, et une nouvelle averse. Chance. Mais, tout à coup, le cri sinistre de la « Bête du Bon Dieu » m’arrête au milieu de mon ascension. Il me semble que ce cri vient d’être poussé derrière moi, à quelques mètres. Si ce cri était un signal ! Si quelque complice de l’homme m’avait vu, sur mon échelle. Ce cri appelle peut-être l’homme à la fenêtre ! Peut-être ! … Malheur, « l’homme est à la fenêtre ! Je sens sa tête au-dessus de moi ; j’entends son souffle. Et moi, je ne puis le regarder ; le plus petit mouvement de ma tête, et je suis perdu ! Va-t-il me voir ? Va-t-il, dans la nuit, baisser la tête ? Non ! … il s’en va… il n’a rien vu… je le sens, plus que je ne l’entends, marcher, à pas de loup, dans la chambre ; et je gravis encore quelques échelons. Ma tête est à la hauteur de la pierre d’appui de la fenêtre ; mon front dépasse cette pierre ; mes yeux, entre les rideaux, voient. Mlle Mathilde avait travaillé avec son père jusqu’à minuit ; les douze coups de minuit sonnés au coucou du laboratoire, elle s’était levée, avait embrassé M. Stangerson, lui souhaitant une bonne nuit. Elle m’avait dit : « Bonsoir, père Jacques ! » et avait poussé la porte de la «Chambre Jaune». Nous l’avions entendue qui fermait la porte à clef et poussait le verrou, si bien que je n’avais pu m’empêcher d’en rire et que j’avais dit à monsieur : «Voilà mademoiselle qui s’enferme à double tour. Bien sûr qu’elle a peur de la ‘‘Bête du Bon Dieu’’ ! » Monsieur ne m’avait même pas entendu tant il était absorbé. Mais un miaulement abominable me répondit au dehors et je reconnus justement le cri de la « Bête du Bon Dieu » ! … que ça vous en donnait le frisson… « Est-ce qu’elle va encore nous empêcher de dormir, cette nuit ? » pensai-je, car il faut que je vous dise, monsieur, que, jusqu’à fin octobre, j’habite dans le grenier du pavillon, au-dessus de la «Chambre Jaune», à seule fin que mademoiselle ne reste pas seule toute la nuit au fond du parc. C’est une idée de mademoiselle de passer la bonne saison dans le pavillon ; elle le trouve sans doute plus gai que lechâteau et, depuis quatre ans qu’il est construit, elle ne manque jamais de s’y installer dès le printemps. Quand revient l’hiver, mademoiselle retourne au château, car dans la «Chambre Jaune», il n’y a point de cheminée.  L’article se termine sur ces lignes : « nous avons voulu savoir ce que le père Jacques entendait par : « le cri de la Bête du Bon Dieu ». On appelle ainsi le cri particulièrement sinistre, nous a expliqué le propriétaire de l’auberge du Donjon, que pousse, quelquefois, la nuit, le chat d’une vieille femme, la mère « Agenoux », comme on l’appelle dans le pays. La mère « Agenoux  « est une sorte de sainte qui habite une cabane, au coeurde la forêt, non loin de la « grotte de Sainte-Geneviève».« La «Chambre Jaune», la «Bête du Bon Dieu», la mère Agenoux, le diable, sainte Geneviève, le père Jacques, voilà un crime bien embrouillé, qu’un coup de pioche dans les murs nous débrouillera demain ;espérons-le, du moins, pour la raison humaine, comme dit le juge d’instruction. En attendant, on croit que Mlle Stangerson, qui n’a cessé de délirer et qui ne prononce distinctement que ce mot : « Assassin ! Assassin! Assassin ! … » ne passera pas la nuit… » Enfin, en dernière heure, le même journal annonçait que le chef de la Sûreté avait télégraphié au fameux inspecteur Frédéric Larsan, qui avait été envoyé à Londres pour une affaire de titres volés, de revenir immédiatement à Paris. – Oui, fit le jeune reporter, en s’essuyant le front… la Chambre Jaune était, ma foi, fermée comme un coffre-fort… – De fait, observai-je, voilà bien pourquoi ce mystère est le plus surprenant que je connaisse, même dans le domaine de l’imagination. Dans le Double Assassinat de la rue Morgue, Edgar Poe n’a rien inventé de semblable. Le lieu du crime était assez fermé pour ne pas laisser échapper un homme, mais il y avait encore cette fenêtre par laquelle pouvait se glisser l’auteur des assassinats qui était un singe ! … Mais ici, il ne saurait être question d’aucune ouverture d’aucune sorte. La porte close et les volets fermés comme ils l’étaient, et la fenêtre fermée comme elle l’était, une mouche ne pouvait entrer ni sortir ! – En vérité ! En vérité ! acquiesça Rouletabille, qui s’épongeait toujours le front, semblant suer moins de son récent effort corporel que de l’agitation de ses pensées. En vérité ! C’est un très grand et très beau et très curieux mystère ! … – La « Bête du Bon Dieu », bougonna le père Jacques, la « Bête du Bon Dieu » elle-même, si elle avait commis le crime, n’aurait pas pu s’échapper… Écoutez ! … L’entendez-vous ? … Silence ! … » Le père Jacques nous faisait signe de nous taire et, le bras tendu vers le mur, vers la prochaine forêt, écoutait quelque chose que nous  n’entendions point. « Elle est partie, finit-il par dire. Il faudra que je la tue… Elle est trop sinistre, cette bête-là… mais c’est la « Bête du Bon Dieu » ; elle va prier toutes les nuits sur la tombe de sainte Geneviève, et personne n’ose y toucher de peur que la mère Agenoux jette un mauvais sort… – Comment est-elle grosse, la « Bête du Bon Dieu » ? – Quasiment comme un gros chien basset… c’est un monstre que je vous dis. Ah ! Je me suis demandé plus d’une fois si ça n’était pas elle qui avait pris de ses griffes notre pauvre mademoiselle à la gorge… Mais « la Bête du Bon Dieu » ne porte pas des godillots, ne tire pas des coups de revolver, n’a pas une main pareille ! … s’exclama le père Jacques en nous montrant encore la main rouge sur le mur. Et puis, on l’aurait vue aussi bien qu’un homme, et elle aurait été enfermée dans la chambre et dans le pavillon, aussi bien qu’un homme ! …  – Èvidemment, fis-je. De loin, avant d’avoir vu la «Chambre Jaune», je m’étais, moi aussi, demandé si le chat de la mère Agenoux… – Vous aussi ! s’écria Rouletabille. – Et vous ? demandai-je. – Moi non, pas une minute… depuis que j’ai lu l’article du Matin, je sais qu’il ne s’agit pas d’une bête ! Maintenant, je jure qu’il s’est passé là une tragédie effroyable… Mais vous ne parlez pas du béret retrouvé, ni du mouchoir, père Jacques ? – Le magistrat les a pris, bien entendu », fit l’autre avec hésitation. Le reporter lui dit, très grave : « Je n’ai vu, moi, ni le mouchoir, ni le béret, mais je peux cependant vous dire comment ils sont faits. – Ah ! vous êtes bien malin… », et le père Jacques toussa, embarrassé. « Le mouchoir est un gros mouchoir bleu à raies rouges, et le béret, est un vieux béret basque, comme celui-là, ajouta Rouletabille en montrant la coiffure de l’homme. – C’est pourtant vrai… vous êtes sorcier… » « Ah ! vous v’là, la mère Agenoux ! Y a longtemps qu’on ne vous a vue, fit notre hôte.  – J’ai été bien malade, toute prête à mourir, dit la vieille. Si quelquefois vous aviez des restes pour la « Bête du Bon Dieu »? Et elle pénétra dans l’auberge, suivie d’un chat si énorme que je ne soupçonnais pas qu’il pût en exister de cette taille. La bête nous regarda et fit entendre un miaulement si désespéré que je me sentis frissonner. Je n’avais jamais entendu un cri aussi lugubre. Comme s’il avait été attiré par ce cri, un homme entra, derrière la vieille. C’était « l’homme vert ». Il nous salua d’un geste de la main à sa casquette et s’assit à la table voisine de la nôtre. À ce moment, je remarquai un bruit bizarre qui se répétait pour la troisième fois, qui venait du parc, et auquel je n’avais pas attaché plus d’importance qu’on n’a coutume d’en attacher au miaulement des chats qui errent, la nuit, sur les gouttières. Mais, cette troisième fois, le miaulement était si pur et si « spécial » que je me rappelai ce que j’avais entendu raconter du cri de la « Bête du Bon Dieu ». Comme ce cri avait accompagné, jusqu’à ce jour, tous les drames qui s’étaient déroulés au Glandier, je ne pus m’empêcher, à cette réflexion, d’avoir un frisson. Aussitôt je vis apparaître, au delà de la porte, et refermant la porte, un homme. Je ne pus d’abord le reconnaître, car il me tournait le dos et il était penché sur un ballot assez volumineux. L’homme, ayant refermé la porte, et portant le ballot, se retourna vers le cabinet noir, et alors je vis qui il était. Celui qui sortait, à cette heure, de la chambre d’Arthur Rance « était le garde ». C’était « l’homme vert ». Il avait ce costume que je lui avais vu sur la route, en face de l’auberge du « Donjon », le premier jour où j’étais venu au Glandier, et qu’il portait encore le matin même quand, sortant du château, nous l’avions rencontré, Rouletabille et moi. Aucun doute, c’était le garde. Je le vis fort distinctement. Il avait une figure qui me parut exprimer une certaine anxiété. Comme le cri de la « Bête du Bon Dieu » retentissait au dehors pour la quatrième fois, il déposa son ballot dans la galerie et s’approcha de la seconde fenêtre, en comptant les fenêtres à partir du cabinet noir. Je ne risquai aucun mouvement, car je craignais de trahir ma présence. Quand il fut à cette fenêtre, il colla son front contre les vitraux dépolis, et regarda la nuit du parc. Il resta là une demi-minute. La nuit était claire, par intermittences, illuminée par une lune éclatante qui, soudain, disparaissait sous un gros nuage. « L’homme vert » leva le bras à deux reprises, fit des signes que je ne comprenais point ; puis, s’éloignant de la fenêtre, reprit son ballot et se dirigea, suivant la galerie, vers le palier. Rouletabille m’avait dit : « Quand vous verrez quelque chose, dénouez l’embrasse. » Je voyais quelque chose. Était-ce cette chose que Rouletabille attendait ? Ceci n’était point mon affaire et je n’avais qu’à exécuter la consigne qui m’avait été donnée. Je dénouai l’embrasse. Mon cœur battait à se rompre. L’homme atteignit le palier, mais à ma grande stupéfaction, comme je m’attendais à le voir continuer son chemin dans la galerie, aile droite, je l’aperçus qui descendait l’escalier conduisant au vestibule.  Que faire ? Stupidement, je regardais le lourd rideau qui était retombé sur la fenêtre. Le signal avait été donné, et je ne voyais pas apparaître Rouletabille au coin de la galerie tournante. Rien ne vint ; personne n’apparut. J’étais perplexe. Une demi-heure s’écoula qui me parut un siècle. « Que faire maintenant, même si je voyais autre chose ? » Le signal avait été donné, je ne pouvais le donner une seconde fois… D’un autre côté, m’aventurer dans la galerie en ce moment pouvait déranger tous les plans de Rouletabille. Après tout, je n’avais rien à me reprocher, et, s’il s’était passé quelque chose que n’attendait point mon ami, celui-ci n’avait qu’à s’en prendre à lui-même. Ne pouvant plus être d’aucun réel secours d’avertissement pour lui, je risquai le tout pour le tout : je sortis du cabinet, et, toujours sur mes chaussettes, mesurant mes pas et écoutant le silence, je m’en fus vers la galerie tournante. Personne dans la galerie tournante. J’allai à la porte de la chambre de Rouletabille. J’écoutai. Rien. Je frappai bien doucement. Rien. Je tournai le bouton, la porte s’ouvrit. J’étais dans la chambre. Rouletabille était étendu, tout de son long, sur le parquet. 

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