La touche Fillon dans l’éducation : autorité, récitation, efforts, évaluations

Cette fameuse « touche Fillon » qui croit sauver l’école de toutes les innovations pernicieuses qui ont déboulonné le savoir par le recours à de vieilles recettes. Je ne suis pas contre la récitation, au contraire j’en fais mon sujet de mémoire cette année, justement pour en finir avec cette vieille récitation dont on ne sait que faire, afin de dépoussiérer tout ça, proposer une mise en voix bien plus élargie. Dans cette vision, la récitation n’est axée que sur l’effort personnel donc sur la mémorisation. Pour les autres points aller voir sur la rubrique  »autorité » ce que j’en pense.

Vous pouvez lire tout l’article, mais j’ai choisi de mettre en exergue la conclusion car elle est édifiante et montre bien que le choix pédagogique est avant tout une vision de société et aussi une éthique.

  

 « En ce qu’elles donnent des repères. La vie est dure. Le système éducatif se doit de préparer les jeunes à ce défi. Les examens, les contrôles, sont des moments de vérité où l’élève est seul face à lui-même. Notre mission doit être de l’armer pour son avenir. «  

« Que dire face à cette vision? C’est tout le contraire de ce que je pense. Si la vie est dure, les élèves doivent apprendre à penser différemment, à sortir de ce schéma belliqueux pour avancer avec d’autres forces : la solidarité, la démocratie, la culture, le partage. 

Et d’ailleurs c’est en complète opposition avec ce que propose Camille Bedin , ou alors je n’ai rien compris, ou alors l’UMP n’est pas à une contradiction près. Un jour je dis cela, l’autre jour je dis son contraire!!!!!

Pour plus d’informations, voir le blog de Luc Cédelle qui fait le résumé des journées UMP de l’éducation, en montrant bien les contradictions, un parti qui semble ne pas savoir qui il doit vraiment écouter : les chercheurs, un électorat qui veut de l’élitisme et de bonnes méthodes d’antan (on peut prendre l’exemple du samedi libéré), ou des parents en manque de repères . Blog de novembre 2010 à lire (voir lien).

  

«Encourager lecture, dictée et récitation au

collège»

Interview

 

DAVIDENKOFF EmmanuelGROS Marie-Joëlle

De la rigueur dans tous les domaines. Pour sa première rentrée, le ministre de l’Education François Fillon, qui dévoilera aujourd’hui ses priorités (lire ci-dessous), offre un visage résolument ferme. Sur l’application de la loi sur la laïcité (lire page 2), mais aussi sur la pédagogie ou le budget. Revue de détail, à l’orée d’une année qui sera aussi celle d’une nouvelle loi d’orientation sur l’éducation.

Lecture, laïcité, handicapés… Vos priorités ressemblent farouchement à celles de Luc Ferry. Où est la touche Fillon ?

Votre remarque ne me choque pas. Le système éducatif n’appartient à aucun parti : l’école est le produit d’apports successifs, qui dépassent les clivages. J’assume donc cette continuité avec Luc Ferry, mais aussi avec ses prédécesseurs. Mais il y aura une «touche Fillon». Sur la maîtrise du français au collège, je prépare une circulaire qui vise à remettre fortement au goût du jour les exercices traditionnels qui ont fait la preuve de leur efficacité.

Par exemple ?

La lecture, la dictée, la récitation, la rédaction, tous les exercices qui demandent un effort personnel.

Pourquoi seront-ils utiles ?

Parce que je l’ai souvent entendu des enseignants sur le terrain, parce que je l’ai lu dans de nombreux livres de professeurs en colère. Je sais que ces réponses sont classiques, mais le système a connu trop d’innovations pédagogiques mal assimilées dont le résultat a finalement déçu. On ne peut pas avoir une école qui ne fasse pas appel à l’effort et à l’évaluation. De la même façon, j’ai entendu un véritable cri du coeur en faveur du retour à l’autorité ­ là aussi, il y aura une «touche Fillon».

Comment restaure-t-on l’autorité ?

D’abord, en en parlant, sans avoir peur de passer pour un ringard. Ensuite, en soutenant les enseignants à chaque fois que c’est nécessaire et en expliquant ce qu’est l’autorité : un mélange de respect et de confiance. Enfin, en intégrant cette préoccupation dans la future loi d’orientation.

Elle interviendra trois ans après votre arrivée au pouvoir. C’est long pour lancer une politique…

La gauche avait-elle une vraie politique d’éducation ? Je ne le crois pas. Elle s’est abritée derrière l’énoncé de principes en refusant de voir que l’institution s’en éloignait. Ceci étant, j’ai hérité pour mener la réforme d’une méthode ­ mener un grand débat, faire appel à une commission indépendante ­ qui impose jusqu’à la rédaction de la loi une grande réserve du politique pour laisser le débat aller à son terme.

Une méthode aussi lourde était-elle nécessaire alors que vous dites ne pas vouloir tout bouleverser ?

J’ai effectivement dit que je ne défendrai pas une loi de rupture par rapport à la loi d’orientation de 1989. J’en corrigerai néanmoins certains aspects importants ; ce n’est faire injure à personne d’en reconnaître la nécessité quinze ans après.

Comme l’objectif des 80 % d’une classe d’âge au bac ?

C’est l’exemple type d’un symbole qui a pris une importance factice au détriment d’une vraie stratégie. Derrière ce chiffre, il y a des revers silencieux et douloureux. Je n’abandonnerai pas pour autant l’idée de faire progresser l’égalité des chances.

Cette loi sera fondée, entre autres, sur le rapport de la commission Thélot. Que pensez-vous de sa première version ?

Je sais que monsieur Thélot fait un excellent travail. Mais je ne disposerai pas du rapport définitif avant début octobre. Il méritera un débat serein, plutôt que des critiques précipitées. C’est sur les propositions du gouvernement que chacun aura à juger et à prendre position. Je les rendrai publiques en décembre.

Le budget 2005 supprime des postes. L’éducation n’est pas une priorité ?

Si ! Jacques Chirac l’a rappelé le 14 juillet, et il suit ces questions de près : il estime que la loi d’orientation sera une réforme importante du quinquennat. Par ailleurs, je ne laisserai pas dire que l’éducation est sacrifiée : elle représente 23 % du budget de l’Etat, ce qui nous situe au-dessus de la moyenne en Europe. Mais que l’éducation soit prioritaire ne signifie pas que les moyens doivent augmenter perpétuellement. Je vous rappelle que la situation financière du pays est difficile. Etre soucieux de ce que nous léguerons à nos enfants, c’est aussi une façon de se préoccuper de leur avenir. Et puis chacun sait qu’il reste des efforts importants à réaliser pour mieux gérer le système et améliorer la pédagogie, c’est-à-dire la qualité. Notre lycée offre un nombre très important d’options ; trop peut-être, en tout cas en lycée professionnel, voire en lycée général. Le système de remplacement des enseignants pourrait aussi être optimisé.

A quoi ressemble l’école du XXIe siècle vue par François Fillon ?

A une école qui donne confiance en soi. En dehors de quelques très bons élèves ­ qui ont peut-être trop confiance en eux ! ­, je suis frappé par la fragilité des jeunes, notamment face à la vie professionnelle.

En quoi l’autorité ou les «bonnes vieilles méthodes» y contribueront ?

En ce qu’elles donnent des repères. La vie est dure. Le système éducatif se doit de préparer les jeunes à ce défi. Les examens, les contrôles, sont des moments de vérité où l’élève est seul face à lui-même. Notre mission doit être de l’armer pour son avenir.

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