Du nouveau chez Luc Chatel : former les stagiaires à la prévention de la violence

Que dire de tout cela?

J’ai écouté ce matin sur France Inter un reportage sur l’école au Texas et sur les policiers qui sont au coeur de l’équipe pédagogique. Un policier expliquait qu’il avait calmé une mère hystérique en la menottant et que  son intervention était ainsi plus rapide, plus efficace pour l’établissement. Une professeure interviewée disait qu’elle était heureuse de se sentir en sécurité, que cette insécurité était plus un sentiment qu’une réalité effective de violence scolaire.

Pour l’instant ce n’est pas le cas encore chez nous.

Mais c’est étrange que la seule formation proposée aux stagiaires soit celle-là!! Il faudra demander aux stagiaires ce qu’ils en pensent. Si vous êtes dans ce cas, laissez un commentaire. Merci. J’aimerais bien avoir votre ressenti sur cette formation.

En tout cas mon chapitre sur l’autorité est dans l’air du temps et je déteste son traitement!

La réflexion est tirée de L’Expresso du 28 sept 2010

Les nouveaux enseignants seront formés à la prévention de la violence

R Debarbieux et L CHatel lors des Etats généraux - Photo CPLa gestion de classe est-ce la gestion de crise ? Pour Luc Chatel, il semble que oui. Le ministre réunissait lundi 22 septembre à Paris un séminaire national sur « la formation à la prévention de la violence et à la tenue de classe ». Il a présenté un dispositif de formation qui sera déployé tout au long de l’année. Et très logiquement il a demandé au conseil scientifique des Etats généraux de la sécurité de l’Ecole de concevoir une formation dont l’objectif est la prévention de la violence mais qui sera donnée à tous les stagiaires. Voilà qui définit l’école publique.

« Pour la première fois de son histoire, notre ministère va déployer une politique de formation scientifiquement fondée et, surtout, véritablement nationale pour assurer la sécurité à l’École ».  Le 27 septembre, Luc Chatel a ouvert le séminaire national sur « la formation à la prévention de la violence et à la tenue de classe » en présentant celui-ci comme une nouvelle orientation pour l’éducation nationale, ce qu’il est peut-être.

Trois jours de formation pour les stagiaires. Le séminaire s’appuyait sur des « propositions concernant la formation des enseignants » élaborées par le conseil scientifique des Etats généraux de la sécurité de l’Ecole. Le document imagine une formation initiale à la prévention de la violence organisée en 3 modules de 12 heures de cours et 24 heures de TP sur trois thèmes : comprendre, prévenir et agir.  Ce « cahier des charges » sera utilisé pour former une soixantaine de référents académiques « chargés d’animer la formation des enseignants ». Ils recevront « une formation spécifique de haut niveau durant une semaine » en octobre. Ainsi armés, ils mettront en place « d’ici la fin de l’année scolaire » des formations de trois jours destinées aux enseignants stagiaires. En attendant cette formation, les stagiaires disposeront d’un DVD sur la tenue de classe et du site « tenue de classe » créé par le CNDP (et dont le contenu est proche du DVD).  

Sécuriser l’Ecole ou former à la gestion de classe ? Dans son discours, le ministre a présenté cette formation comme une étape d’un plan global de sécurisation de l’Ecole comprenant les équipes mobiles de sécurité, le partenariat avec la police, le dispositif CLAIR et la rénovation des sanctions, un sujet qui heurte les parents de la FCPE et les lycéens de l’UNL. Si une formation à la gestion des conflits est fort utile aux enseignants, elle ne devrait prendre sens que dans un parcours de formation professionnelle plus large. Enseigner en terrain difficile c’est à la fois un acte social et institutionnel et un engagement qui peut difficilement faire l’impasse d’un travail sur soi. Or les enseignants stagiaires ne recevront finalement que cette seule formation professionnelle à la gestion de la violence. C’est bien l’obsession sécuritaire qui s’empare de l’éducation nationale. 

Une vision conservatrice. Prévenir la violence dans un établissement relève d’une gestion complexe dans laquelle la « tenue de classe » ne s’adresse qu’aux symptômes du mal. L’approche de Luc Chatel est cohérente avec la vision gouvernementale qui n’aborde les problèmes de société que sous l’angle de la responsabilité individuelle. La violence scolaire est ramenée à « la tenue de classe », c’est-à-dire la seule gestion des rapports entre adultes et élèves, celle des comportements et des responsabilités pénales. Comme si le climat de la classe et de l’établissement était détaché de la pédagogie, de l’échec scolaire et des pesanteurs de l’environnement. Si l’analyse du conseil scientifique d’Eric Debarbieux est plus complexe et subtile, on se demande comment elle pourra s’harmoniser avec une approche aussi réductrice de la fonction enseignante.   

 

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