un outil de formation

J’ai souhaité concevoir ce blog comme un outil de formation pouvant aider les enseignants, qui le désirent, à enseigner différemment, en privilégiant avant tout l’intégration de tous les élèves dans un espace classe plus démocratique.

J’y expose ma vision coopérative de l’enseignement, mais aussi quelques réflexions pédagogiques,  quelques idées qui pourront accompagner ceux qui veulent innover.

Je souhaiterais que ce blog soit interactif, que vous laissiez vos commentaires, car ce blog peut devenir un lien dont l’objectif est de développer la pratique réflexive, aussi bien la mienne que la vôtre. Je souhaiterais que cela devienne une plate-forme d’échanges. Laissez-moi un message.

Pour mettre en perspective ce blog, je souhaite éclairer la visée des propos tenus par une référence à Philippe Meirieu pour la pédagogie et à Alain Caillé pour l’éthique et le politique, et un extrait d’Edgar Morin sur la société, ainsi que Sir Ken Robinson qui montre que l’éducation est fortement lié au modèle économique qu’il sert et Michel Serres pour son analyse de la socité actuelle et des modifications sur le corps et la conscience des jeunes.

Ken Robinson pour une révolution pédagogique, pour la créativité, l’innovation, une vraie professionnalisation du métier d’enseignant loin de la conformité que l’on attend actuellement de l’élève et du professeur.

http://www.ted.com/talks/ken_robinson_how_to_escape_education_s_death_valley.html?utm_source=6%2F9&utm_campaign=

Pour Philippe Meirieu, j’ai été très touchée par le documentaire  (en lien ci-dessous), un portrait que j’ai trouvé sincère et authentique. P. Meirieu pose les vraies questions que devrait se poser chaque enseignant.

A contre-voie : Philippe Meirieu, pédagogue

« Film de 52 minutes de Thierry Kubler , L’itinéraire, les analyses et
convictions de Philippe Meirieu

cliquez sur ce lien pour visionner la vidéo

Alain Caillé a sa place ici pour le paradigme du don et la convivialité contre la vision uniquement économique et utilitariste de l’homme. La coopération que je préconise ne peut se comprendre qu’un changeant de paradigme éthique et social, en revenant à quelque chose de naturel qui tend à s’oublier.

Dans la lignée de Durkheim ou de Mauss (à qui le nom de sa revue rend hommage), Alain Caillé est convaincu que les individus ne sont pas uniquement motivés par une logique de gains matériels et personnels : ils obéissent également à un système de valeurs. A une époque qui, selon Caillé, nous pousse à croire que rien n’échappe à la toute-puissance de l’intérêt, il dénonce les travers de l’individualisme méthodologique, qui confond trop souvent l’individu en société et l’homo ?conomicus, un calculateur au profil utilitariste.

Le projet de la Revue du Mauss consiste à prouver, contre les dangers de l’économisme, que le social ne peut être réduit à une simple addition de comportements individualistes. L’analyse que fait Alain Caillé du don rend compte de l’échange, non par une décision rationnelle de l’individu visant un certain profit, mais par le besoin qu’éprouve l’individu de se relier à la société. Le don sert de lien social. Loin de tout idéalisme, cette thèse est d’autant plus pertinente qu’elle ne présente pas le don comme un acte pur et désintéressé, au sens religieux : il y a bien un intérêt dans le don, celui d’appartenir à la société. C’est dans cette perspective que l’on comprend la différence entre l’entrepreneur familial (dans une économie villageoise africaine par exemple) et l’entrepreneur capitaliste. L’ajustement à une mauvaise conjoncture passe, pour le premier, par une baisse générale des salaires, alors que le second choisit la réduction de l’emploi. Dans le premier cas, l’intérêt du groupe est supérieur au seul intérêt de l’entrepreneur, ou plutôt, ils sont indissociables.

Alain Caillé a également mis en garde, dans un contexte de crise sociale où les politiques font de plus en plus couramment appel à la sociologie, contre les risques d’une dérive utilitaire de cette science sociale. (Alternatives Economiques Pratique n° 021 – novembre 2010

On peut rajouter à cela quelques extraits pris dans  La voie d’Edgar Morin :

Intoxication consummériste, accroissement de la composante imaginative des désirs, instabilité de besoins sans cesse nouveaux.  Côtés sombres de l’individualisme, à savoir l’égocentrisme, l’autojustification (qui suscite l’incompréhension d’autrui), la soif du profit.
L’illusion de la rationnalité détermine le développement, alors que celui-ci confond rationalisation technico-économique et rationnalité humaine… Ce faux développement  ne connaît que le calcul comme instrument de connaissance. le calcul ignore  non seulement les activités non monétarisées comme les productions domestiques, ls services mutuels, l’usage des biens communs, la part gratuite de l’existence, mais aussi  et surtout , tout ce qui ne peut être calculé ou mesuré : la joie, l’amour, la souffrance, la dignité, autrement dit le tissu de nos vies.

Une vidéo en anglais qui montre que les performances n’augmentent pas en agitant une carotte mais en proposant aux gens qui travaillent la possibilité d’être autonomes, de créer et d’avoir une motivation intrinsèque.

http://www.youtube.com/watch?v=u6XAPnuFjJc

Et encore mon meilleur classique de Sir Ken Robison

http://www.youtube.com/watch?v=e1LRrVYb8IE

Les propositions de Sir Ken Robinson : quitter un modèle éducatif industriel et linéaire, fondé sur la conformité des gens, des fournées de gens que ‘lon instruit au même moment pour un autre modèle agricole où les enfants peuvent expérimenter la vie. Il s’agit de respecter un processus organique où l’on ne peut pas prévoir le développement, mais permettre de donner les cadres d’un véritable épanouissement.

Une video en plus pour approfondir et faire connaissance avec le personnage : http://www.ted.com/talks/sir_ken_robinson_bring_on_the_revolution.html

Et puis un extrait de la si tendre et communicante Petite Poucette de Michel Serres. J’ai pris un extrait de la question finale : Que transmettre?

Trois questions, par exemple : que transmettre ? A qui le transmettre ? Comment le transmettre ?

QUE TRANSMETTRE ? LE SAVOIR !

Jadis et naguère, le savoir avait pour support le corps du savant, aède ou griot. Une bibliothèque vivante… voilà  le corps enseignant du pédagogue. Peu à peu, le savoir s’objectiva : d’abord dans des rouleaux, sur des velins ou parchemins, support d’écriture ; puis, dès la Renaissance, dans les livres de papier, supports d’imprimerie ; enfin, aujourd’hui, sur la toile, support de messages et d’information.  L’évolution historique du couple support-message est une bonne variable de la fonction d’enseignement. Du coup, la pédagogie changea au moins trois fois : avec l’écriture, les Grecs inventèrent la Paideia ; à la suite de l’imprimerie, les traités de pédagogie pullulèrent. Aujourd’hui ?

Je répète. Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la Toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? Voilà, c’est fait. Avec l’accès aux personnes, par le téléphone cellulaire, avec l’accès en tous lieux, par le GPS, l’accès au savoir est désormais ouvert. D’une certaine manière, il est toujours et partout déjà transmis.

Objectivé, certes, mais, de plus, distribué. Non concentré. Nous vivions dans un espace métrique, dis-je, référé à des centres, à des concentrations. Une école, une classe, un campus, un amphi, voilà des concentrations de personnes, étudiants et professeurs, de livres en bibliothèques, d’instruments dans les laboratoires… ce savoir, ces références, ces textes, ces dictionnaires… les voilà distribués partout et, en particulier, chez vous – même les observatoires ! mieux, en tous les lieux où vous vous déplacez ; de là étant, vous pouvez toucher vos collègues, vos élèves, où qu’ils passent ; ils vous répondent aisément. L’ancien espace des concentrations – celui-là même où je parle et où vous m’écoutez, que faisons-nous ici ? – se dilue, se répand ; nous vivons, je viens de le dire, dans un espace de voisinages immédiats, mais, de plus, distributif. Je pourrais vous parler de chez moi ou d’ailleurs, et vous m’entendriez ailleurs ou chez vous, que faisons-nous donc ici ?

Ne dites surtout pas que l’élève manque des fonctions cognitives qui permettent d’assimiler le savoir ainsi distribué, puisque, justement, ces fonctions se transforment avec le support et par lui. Par l’écriture et l’imprimerie, la mémoire, par exemple, muta au point que Montaigne voulut une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine. Cette tête vient de muter encore une fois. De même donc que la pédagogie fut inventée (paideia) par les Grecs, au moment de l’invention et de la propagation de l’écriture ; de même qu’elle se transforma quand émergea l’imprimerie, à la Renaissance ; de même, la pédagogie change totalement avec les nouvelles technologies. Et, je le répète, elles ne sont qu’une variable quelconque parmi la dizaine ou la vingtaine que j’ai citée ou pourrais énumérer.

Ce changement si décisif de l’enseignement – changement répercuté sur l’espace entier de la société mondiale et l’ensemble de ses institutions désuètes, changement qui ne touche pas, et de loin, l’enseignement seulement, mais aussi le travail, les entreprises, la santé, le droit et la politique, bref, l’ensemble de nos institutions – nous sentons en avoir un besoin urgent, mais nous en sommes encore loin.

Probablement, parce que ceux qui traînent, dans la transition entre les derniers états, n’ont pas encore pris leur retraite, alors qu’ils diligentent les réformes, selon des modèles depuis longtemps effacés. Enseignant pendant un demi-siècle sous à peu près toutes les latitudes du monde, où cette crevasse s’ouvre aussi largement que dans mon propre pays, j’ai subi, j’ai souffert ces réformes-là comme des emplâtres sur des jambes de bois, des rapetassages ; or les emplâtres endommagent le tibia, même artificiel : les rapetassages déchirent encore plus le tissu qu’ils cherchent à consolider.

Oui, depuis quelques décennies je vois que nous vivons une période comparable à l’aurore de la Paideia, après que les Grecs apprirent à écrire et démontrer ; semblable à la Renaissance qui vit naître l’impression et le règne du livre apparaître ; période incomparable pourtant, puisqu’en même temps que ces techniques mutent, le corps se métamorphose, changent la naissance et la mort, la souffrance et la guérison, les métiers, l’espace, l’habitat, l’être-au-monde.

ENVOI

Face à ces mutations, sans doute convient-il d’inventer d’inimaginables nouveautés, hors les cadres désuets qui formatent encore nos conduites, nos médias, nos projets adaptés à la société du spectacle. Je vois nos institutions luire d’un éclat semblable à celui des constellations dont les astronomes nous apprirent qu’elles étaient mortes depuis longtemps déjà.

Pourquoi ces nouveautés ne sont-elles point advenues ? Je crains d’en accuser les philosophes, dont je suis, gens qui ont pour métier d’anticiper le savoir et les pratiques à venir, et qui ont, ce me semble, failli à leur tâche. Engagés dans la politique au jour le jour, ils n’entendirent pas venir le contemporain. Si j’avais eu à croquer le portrait des adultes, dont je suis, ce profil eût été moins flatteur.

Je voudrais avoir dix-huit ans, l’âge de Petite Poucette et de Petit Poucet, puisque tout est à refaire, puisque tout reste à inventer.  Je souhaite que la vie me laisse assez de temps pour y travailler encore, en compagnie de ces Petits, auxquels j’ai voué ma vie, parce que je les ai toujours respectueusement aimés.


Pour lire l’intégralité des textes de la coupole du 1er mars, reportez-vous sur le site de l’Institut de France.

Michel Serres, de l’Académie française

 

Pour continuer dans cette voie, un rapport de l’Unesco qui met au centre non la transmission pure des savoirs. C’est ce que je pense, quelque soit ce que l’on propose, l’essentiel est dans la manière de le faire, dans l’alignement éthique et spirituel dans lequel on s’engage.

http://www.unesco.org/delors/delors_f.pdf

Arrêtons de nous préoccuper de petits segments en éducation : de la façon dont on va anlayser un texte, dont on va traiter le brouillon, dont on va faire passer la notion de subordonnées interrrogatives indirectes, voyons plus large. Sortons la tête du didactisme aveuglé par le jeu de notre propre performance.

Dans un rapport remis à l’Unesco dès 1996, la Commission sur l’éducation du XXIe siècle préconisait quatre piliers : APPRENDRE à CONNAÎTRE, à FAIRE, à VIVRE ENSEMBLE et à ÊTRE, comme étant fondamentaux pour développer les compétences essentielles au monde

http://www.unesco.org/delors/delors_f.pdf

 

Merci au Printemps del’éducation pour cette info.

Cursus

Professeur agrégée

Maître formateur en didactique du français (Université de Cergy Pontoise)

Commentaires

  1. Claudie dit :

    Après avoir parcouru le site (fort intéressant), je me suis faite la réflexion suivante :
    Pourquoi les élèves sont-ils scolarisés ? Les élèves assistent à des cours, ils apprennent les mathématiques, la géographie, l’histoire,…pourquoi ? Quel est le but ? Quel est intérêt de passer des diplômes ? Est-ce afin de pouvoir se marier, d’obtenir une situation et de s‘installer comme le font des millions de gens ? Voyons ce qu’il en est : Dans tous les pays du monde, les êtres humains sont dressés à se conformer, à s’insérer dans le courant des activités sociales, pour être aspirés dans un schéma identique. Est-ce que les guerres ont cessées ? La différence sociale, de races a-t-elle disparu ? Malgré toutes ces personnes éduquées, la terre se détruit et l’on cherche des solutions liées à des intérêts politiques !
    Est-ce que l’éducation ne peut-elle pas veiller à ce que l’esprit humain ne soit pas entraîné dans ce vaste fleuve qui coule depuis des milliers d’années. Ne doit-elle pas veiller à ce que jamais nous ne soyons jamais engloutis ? Mais plutôt faire qu’avec cet esprit intact, puisse exister un autre être humain entièrement différent, connaissant une autre qualité de vie? Faut-il que les parents dictent le destin de leurs enfants et leur appartenance au grand fleuve social ? Avec tous ces potentiels différents, un esprit humain ne doit pas seulement être capable d’exceller en Mathématique, en Français, Histoire, etc..Mais de bien plus : que jamais en aucune circonstance, il ne se laisse absorber par le courant de la société. Car ce courant que nous appelons la vie est très corrompu, immoral, violent, avide, et ce courant est notre culture ! La question est de savoir comment mettre en œuvre une éducation juste, permettant à l’esprit de résister à toutes les tentations, toutes les influences néfastes, toutes les bestialités de cette civilisation….
    Eduquer, à mon sens n’est pas se contenter d’une transmission par les professeurs de certains éléments d’information touchant telle ou telle discipline, mais susciter dans l’esprit un changement, pendant que l’on enseigne le sujet,. Ceci implique un esprit extrêmement critique. Il ne faut plus permettre de faire l’apprentissage et pousser à l’acceptation de quelque chose que nous ne voyons pas clairement nous-mêmes et jamais nous contenter de répéter ce qu’un autre à pu dire. Cela risque d’être difficile, car la plupart d’entre-nous, sont satisfaits de mener une vie facile. Nous nous complaisons à répéter et suivre ce que les autres nous ont appris. Nous faisons ce qu’ils font, parce que c’est la façon la plus commode de vivre, de se conformer à un modèle ancien ou même nouveau. IL nous faut découvrir, ce que veut dire ne jamais ce conformer. C’est en nous-mêmes que se trouve la réponse.
    A partir de là, nous sommes prêt à découvrir les nouveaux potentiels chez les élèves de façon à les amplifier, les faire partager dans la classe et créer un autre futur. Mais surtout développer l’intérêt de d’apprendre !.

  2. Claudie dit :

    Je rajouterai que la méthode pédagogique de ce site permet un e ouverture sur un nouvel enseignement qui permet aux élèves de développer leur potentiel tout en apprenant les bases essentielles du français. Les ateliers, les questions liées à Marie Banlieu, leur permettent d’étudier un texte de faire des recherche et de découvrir ar eux-même des auteurs de poésie. Sans oublier le sens de l’analyse et de la synthèse. Bravo pour ce site

  3. Claudie dit :

    Article pour autorité et tenue en classe:
    Faut-il apprendre sous l’autorité ?

    Quand on parle d’autorité en classe, il faut à mon sens étendre le concept d’autorité dans notre vie courante. Ce qui permet de comprendre et d’analyser au mieux l’autorité dans l’apprentissage.
    La plupart d’entre nous veulent quelqu’un pour nous dire quoi faire. Nous cherchons une direction dans la conduite, parce que notre instinct est d’être en sécurité, ne pas souffrir plus.

    La connaissance de soi est ardue et comme la plupart, nous préférons et choisissons la facilité, la voie de l’illusion… nous créons donc l’autorité qui façonne notre vie et façonne un modèle. Cette autorité, peut-être la société, l’Etat ; elle peut être le maître, le professeur, le gourou, le sauveur etc.…
    Toute autorité quelle qu’elle soit, empêche de voir, de penser de manière lucide. Et bien souvent nous trouvons la pensée lucide douloureuse, d’où notre abandon à l’autorité. L’autorité engendre le pouvoir, et le pouvoir devient toujours centralisé, et de ce fait totalement corrupteur : il corrompt celui qui exerce le pouvoir et celui qui s’y soumet

    Au niveau de l’éducation, combien avons-nous rencontré d’enseignants qui prennent leurs élèves comme des verres vides à remplir? Le respect d’autrui, aussi courte que sa vie soit, est de ne pas le prendre pour un réceptacle vide à remplir à tout prix de notre tellement grand savoir.

    Dans un cas ou dans l’autre, le tout est de savoir inspirer, générer des idées et de la motivation, et surtout l’envie d’apprendre. Et l’autorité ne peut nous permettre cela.

    Exemple1
    Un parent demande à son fils de faire une liste de cadeau pour Noël par ordre de préférence. Les cadeaux seront offerts en fonction des résultats.
    Ceci est une marque d’autorité déguisé. Que peut apprendre l’élève ?
    Il apprend comme l’âne qui court après la carotte. Ce cas semble anodin, pourtant les répercussions sont graves. Qu’importe le prix du cadeau. L’enfant n’a pas conscience que la connaissance est un savoir qui lui permet d’évoluer, d’aller plus loin, d’apprécier la vie, de s’épanouir, d’être libre : il est conditionné pour apprendre ! Il ne se préoccupe pas de la valeur du cadeau. Il n’y a pas d’amour dans cet échange avec les parents. Cela devient un dû : « Je travaille, tu me paies ! »

    Exemple 2 :
    Un professeur, impose un silence religieux dans sa classe. Les élèves ne peuvent répondre que quand ils sont interrogés. Ils doivent lever la main pour obtenir la parole, sinon un mot sur le cahier de correspondance ! (« Aie ! »).Pas le droit de contredire ! Je conçois, que le respect des autres impose une discipline nécessaire. Mais comment les élèves peuvent-ils être attentifs pendant 1 heure s’il n’y a pas d’échange ? Pourquoi ne pas permettre aux élèves d’échanger même 2 à 3 minutes avant de répondre à une question. La collaboration entre élèves peut-être enrichissante.
    Nous valorisons l’indépendance : celle-ci s’exprime par le paradigme du « je » : je peux faire cela ; je suis responsable ; je suffis à mes besoin ; je peux choisir.
    Par cette discipline autoritaire ce professeur empêche l’interdépendance de s’exprimer par le paradigme du « nous » : nous pouvons faire cela ; nous pouvons associer nos efforts, nos talents, nos capacités pour produire quelque chose de mieux.
    Ne pas confondre dépendance et interdépendance : Les personnes dépendantes ont besoin des autres pour obtenir ce qu’elles veulent. Les interdépendantes, elles parviennent à leurs fins par leur propres efforts. Les personnes interdépendantes joignent leurs efforts à ceux des autres pour atteindre leurs plus grands succès.

    L’autorité dans son ensemble est la marque de la peur, je m’explique : l’un des résultats de la peur est l’acceptation de l’autorité dans les affaires humaines. L’Autorité n’est pas créée par notre désir d’avoir raison, d’être protégé, être à l’aise, d’avoir conscience d’aucun conflit ou de troubles, mais de la peur. Et pourtant la peur ne peut pas nous aider à comprendre nos problèmes, même si la peur peut prendre la forme de respect et de soumission au soi-disant « sages ». Le sage n’exerce aucune autorité, et les personnes en autorité ne sont pas sages. La peur sous quelque forme empêche la compréhension de nous-mêmes et de notre relation à toutes choses.

  4. Sophie Roblin dit :

    Bonjour,

    J’ai découvert votre existence grâce à une collègue : Maude Gesson. En vous lisant, j’ai été frappée de la qualité et de la richesse de votre réflexion. Je me suis donc lancée (avec bonheur) dans les carnets de lecture. J’ai également participé en 2009 à une expérience de débat interprétatif (filmée pour l’IUFM).
    Cette semaine, j’ai suivi un stage très enrichissant « enseigner la littérature contemporaine » avec un collègue extraordinaire : Norbert Czarny qui pratique le carnet et le débat. Je me suis donc permis de citer votre nom.Il a visité votre site et l’a trouvé très intéressant.
    Cordialement,
    Sophie.

Laisser un commentaire

Du polar à lier |
Broderies |
Instantanés littéraux d'Afr... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Abandons
| clopidogrelfr
| "UNE OMBRE SUR L'ÉPAULE"